Early stage : qu’est-ce qui fait vraiment la différence face à un investisseur ?

100IN partage ses premières leçons après plus de 35 investissements

Investir 100.000€ dans 100 jeunes entreprises technologiques européennes : c’est l’ambition avec laquelle 100IN s’est lancé. Quelques mois plus tard, le fonds a déjà rencontré plus de 300 entrepreneurs et réalisé plus de 35 investissements. Dans une interview accordée à Forbes Belgium, Julie Capiau, Partner chez 100IN, revient sur ces premiers mois et sur la manière dont l’expérience du terrain a fait évoluer l’approche du fonds.

L’un des principaux changements concerne les critères utilisés pour évaluer les entreprises à un stade très précoce. Alors que 100IN accordait initialement une place importante aux revenus récurrents, à la structure de coûts et aux indicateurs financiers, le fonds dit aujourd’hui regarder davantage l’entrepreneur derrière le projet : sa capacité à avancer, son énergie, sa détermination et sa résilience face aux changements.

L’ambition géographique est également devenue un critère important. Julie Capiau explique que 100IN a déjà renoncé à investir dans certaines entreprises jugées prometteuses parce que celles-ci restaient concentrées sur un seul pays. Le fonds porte davantage son attention sur les équipes qui envisagent un développement au-delà de leur marché domestique. 

La dynamique entre cofondateurs prend elle aussi davantage de poids. Leur manière de travailler ensemble et leur complémentarité face aux obstacles font désormais partie des éléments observés. Au fil des dossiers, 100IN dit également avoir identifié certains signaux propres à sa manière de travailler, comme des réponses tardives, certaines fonctionnalités évitées lors d’une démonstration ou des réponses trop vagues sur des points précis. Julie Capiau souligne qu’il ne s’agit pas de critères universels, mais d’éléments qui peuvent indiquer une incompatibilité avec le fonctionnement du fonds.

Pour 100IN, concernant le financement early stage, le problème ne réside pas nécessairement dans la disponibilité des capitaux, mais dans la volonté de les investir suffisamment tôt et dans la valeur ajoutée qui accompagne cet investissement. Avec son modèle de 100 tickets de 100.000€, le fonds estime pouvoir prendre davantage de risques sur certains dossiers qu’un investisseur réalisant seulement quelques opérations par an. 

Enfin, ces premiers mois illustrent aussi les différences entre écosystèmes. Au lancement, environ 90 % des dossiers reçus par 100IN provenaient de Flandre, où ses fondateurs disposaient déjà d’un réseau important. Depuis, le fonds a développé ses connexions à Bruxelles et à Paris. Sur les quatre mois précédant l’interview, 60 % de ses investissements ont ainsi été réalisés à Paris.

Avec plus d’un tiers de son objectif de 100 investissements désormais réalisé, 100IN poursuit donc le déploiement de son modèle tout en faisant évoluer sa méthode de sélection au fil des rencontres et des investissements.